|
|
|
Crémieu, charmant petit bourg comportant 3200 âmes, est situé à l'extrême nord du département de l'Isère, en limite des départements de l'Ain et du Rhône, plus précisément à 32 km à l'Est de Lyon. Crémieu est la capitale touristique du Nord Dauphiné, à l'abri de son enceinte fortifiée, jonchée à une altitude de 212 mètres. Au XVIIème siècle, de nombreux ordres religieux et confréries (Capucins, Ursulines...) s'installent et prennent alors possession de la ville dont l'activité faiblit. Le déclin économique, renforcé en 1702 par la suppression des foires annuelles, incite les habitants à développer l'industrie du textile et celle du cuir qui occupent près du quart de la population. C'est dans ce contexte mouvant que la famille Grillat va se distinguer par une activité particulière, dénommée alors faiseur de moulins à café.
La famille Grillat a rayonné sur Crémieu pendant tout le XVII ème et le XVIII ème siècles.
Le premier, et peut être le plus connu de cette lignée, est Raymond ou Regnaud Grillat, maître menuisier réalisateur vers 1617, de la chaire, des stalles et du lutin, en noyer, de l'église des Augustins. Il était l'époux de Clauda Benoîte CHRISTINAT et habitait à 1'angle de la grande rue et la rue St Jean. Il décédera très âgé, le 14 /08/1672.
Antoine Grillat, fils de Raymond, maître-menuisier, marié à Clauda THIBAUD (née le 14/02/1639 et décédée le 22/02/1695), il meurt le 10/12/1697. Celle-ci donnera naissance, le 22 avril 1669, à un charmant bambin : Jean-Marie Grillat.
Ce génial touche à tout, maître-menuisier bien sûr, a aussi été historien à ses heures. A son décès le 23 février 1745, Jean-Marie est dit maître menuisier et arpenteur et, bien entendu, faiseur de moulins tout comme son père. Jean-Marie Grillat avait épousé le 22/11/1695 Marie VOYANT née le 26/02/1673 et décédée le 2/03/1722. Jean-Marie est connu pour ses qualités de menuisier, mais aussi parce qu'il a écrit une trentaine de pages de La chronique Ollivet.
Il s'agit d'un manuscrit que les artisans de Crémieu ont tenu année après année, de 1614 à 1833 au sujet de l'histoire locale. Vers 1750 tout cela a été retranscrit par le perruquier Jean Baptiste Ollivet puis par son fils, d'où le nom. Jean-Marie Grillat transcrivait souvent des actes, baptême, mariage, sépulture, dans le registre paroissial, pour le curé. Enfin il fût chargé de l'arpentage de Crémieu, pour réajuster la taille, sorte d'impôt foncier. C'était un personnage très polyvalent. Voici la copie de son acte de décès 2 « le vingt troisième jour de février 1745 a été porté aux Augustins (1) pour y être inhumé le corps du sieur Jean-marie Grillat, maitre menuisier et arpenteur, décédé après avoir reçu les sacrements, âgé d 'environ soixante seize ans, en présence d'un concours de peuple, de son gendre Joseph Clauzier et de nous soussignés- Caflarel. ›› (1) «Porté aux Augustins ›› signifie qu'il a été enterré dans l'église des Augustins et non dans celle de la paroisse. Les bourgeois de Crémieu préféraient alors cette formule.
Il y a eu d'autres Grillat de la même famille, Claude qui a été maître architecte, mais aussi Jacques père et fils des maîtres sérruriers. A la fin du XVIII ème siècle, le nom de Grillat quitte la scène crémolane. Le curé GIROUD écrit : « le 7 ème. janvier 1784, a été inhumée Delle Marie Grillat, la dernière de ladite famille, laquelle mourut hier, munie des sacrements, âgée de 80 ans... ››.
Généralement en essence de buis, ils diffèrent des autres modèles Louis XIV sous plusieurs aspects.
Elle est assez sobre, plutôt arrondie et douce ; la base très ramassée est surmontée d'un fût à 8 pans avec un étranglement au départ de ce dernier et un ciselage sous la ceinture métallique supérieure totalement épurée.
Le couvercle bombé déborde légèrement de la ceinture ; son opercule, maté presque dans l'axe contrairement aux autres modèles Louis XIV, vient en butée sur la charnière, laquelle déborde parfois du bandeau métallique du haut du moulin. La charnière comporte 3 noeuds, à la différence de celle des louis XIV qui en comporte en général 5.
Il existe plusieurs types de systèmes de fermeture :
![]() |
![]() |
![]() |
La manivelle est toujours cintrée ; elle comporte un renflement dans sa partie médiane. La nille est plutôt longiligne. A priori, les manivelles plates sont des pièces rapportées.
Le tiroir est constitué d'un fond et de côtés monoblocs. La façade, généralement apposée, est assez souvent en forme d'arcade. Le blocage est assuré par une double languette métallique interne.
![]() |
La base est constituée d'une plaque métallique qui repose en général sur des pieds galette. Cette plaque ne dispose pas de rebord en façade (comme sur les monoxyles hollandais).
Ces moulins sont souvent signés à la plume à l'encre de Chine à l'intérieur du socle, derrière l'emplacement du tiroir. Y figurent souvent le lieu de fabrication suivi du patronyme et parfois de la date, rédigé selon la formule : «fait à Crémieu /par Grillat /16.. ou 17.. ».
![]() |
![]() |
--o-O-o--
--o-O-o--
![]() |
![]() |
![]() |
--o-O-o--
Cette page s'appuie très largement sur l'article publié dans le bulletin de l'Aicmc 112 daté du premier trimestre 2009.