Moulins à café ou à poivre : la saga 1884 1928
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Dernière modification le 24 01 2021

Modèles de table en tôle avant 1900

Cinq éléments significatifs permettent de différencier ces moulins :

  • les panneaux verticaux de la caisse et le plateau inférieur,
  • le plateau supérieur,
  • la ou les calottes,
  • la plaque, pour la période considérée,
  • le tiroir.

Les autres éléments (chapeau, trémie, système de réglage de la mouture, manivelle) ne sont pas déterminants.

les panneaux verticaux et le plateau inférieur

Quatre types - sans doute successifs - peuvent être décrits :

Type A :

4 plaques de tôle épaisse et plate, et 4 cornières sur lesquelles ces plaques sont rivetées, chacune par 8 petits rivets (sauf 6 en façade à cause du tiroir). Les plaques de tôle épaisse sont complètement plates et ne sont pas embouties.

Fixation de la caisse sur le bois par 2 clous en façades avant et arrière.

Plateau inférieur fixé à la caisse par 3 petites cornières portant chacune 2 rivets dans le plateau, et 2 dans la caisse.

Les 4 cornières verticales s'accrochent aussi dans ce système.

Pas de fixation en façade.

Croisillon muet embouti dans le plateau inférieur.

Type B :

Une seule bande de tôle repliée 3 fois pour former les cotés de la boîte.

Elle se boucle sur l'angle arrière gauche du moulin, et est tenue par 3 rivets verticaux.

Décors emboutis dans la tôle de chacun des côtés, on retrouve le modèle de rectangle aux coins coupés par des arcs de cercle.

Fixation de la caisse par 2 clous en façades avant et arrière.

On peut noter en outre que, sur les grandes tailles comme la taille 5, les cotés et le fond ont un décor simplifié relevant cependant de ce type B.

Mais nous n'avons pu étudier suffisamment de moulins pour affirmer qu'il s'agit d'une règle ou d'une exception.

Plateau inférieur identique au type A, y compris le croisillon.

Type C :

Toujours une seule bande de tôle repliée 4 fois, mais décor entièrement nouveau.

La tôle emboutie évoque un peu les moulins du type A avec des cornières rivetées tel que décrit ci- dessus, mais il s'agit de fausses cornières et de faux rivets.

De plus, les angles verticaux des fausses cornières sont coupés en biais, avec un aspect de colonnes.

La tôle emboutie n'a donc que des motifs décoratifs.

Ce type de caisse renvoie clairement à des moulins allemands presque identiques, et sans doute de la même époque (Zassenhaus, KetM,.)

Fixation de la caisse par 2 clous sur les côtés, et non plus en façades.

Plateau inférieur fixé à la caisse par 3 grandes encoches dans le plateau, traversées par des tenons prolongeant les panneaux verticaux, et rabattus sous le plateau.

Croisillon muet embouti dans le plateau inférieur.

le plateau supérieur

Trois types successifs peuvent être décrits :

Type 1 :

Tôle emboutie avec casquettes retombant sur les 4 côtés.

Autour du trou central, petite surélévation de la tôle pour le logement de la trémie en porcelaine.

Pliure en élévation qui fait le tour du carré, les 4 coins sont coupés par des arcs de cercle qui rappellent le décor des tiroirs en bois.

Type 2 :

Même type que 1, mais la surélévation pour le logement de la trémie en porcelaine a disparu, de même que la pliure périphérique.

Il reste un décor simple embouti, avec les quatre coins coupés par des arcs de cercle.

Type 3 :

Type nouveau

La pliure en relief n'a plus les angles coupés, elle suit le tour du carré.

La petite surélévation pour la calotte en porcelaine existe de nouveau.

les calottes

Tous les modèles ont la calotte non mobile fixée par trois clous, et la calotte mobile par une vis.

La base des calottes est étroite, autour de 10 mm.

L'ouverture se fait toujours sur le côté droit.

Au niveau des renforts pour le passage de l'axe vertical du mécanisme, il existe des différences :

  • pièce en forme de cylindre creusé à mi-hauteur, d'abord étroit, le sillon s'évase quelque peu ensuite,
  • pièce très particulière en deux parties arrondies soudées et rivetées à la calotte fixe, ces deux premiers types semblent avoir été simultanés,
  • cylindre usiné classique, apparu ensuite.

les plaques (pour la période considérée)

La nomenclature en cours de construction par J.P. Aumoine recense :

  • les plaques laiton en allemand, légende "Musterschutz / Mutzig i / Elsass / Mutzig-Framont" réputée se situer avant 1900,(plq 1)
  • les plaques laiton en français, légende "Mutzig-Framont / déposé / déposé / Mutzig (Alsace)" de 1900 à ???, (plq 3)
  • les plaques laiton en français, légende "Mutzig-Framont / breveté SGDG / Alsace" période à préciser (plq 7).

le tiroir

4 types de tiroirs, sans doute successifs mais ce n'est pas certain :

Type 1 :

en bois, le fond déborde à l'arrière pour le calage du tiroir, sans ressorts pour le retenir,

La façade est décorée du rectangle en relief avec les 4 angles coupés par des arcs de cercle,

A l'origine, le bois était peint dans la (ou les) couleur(s) de la caisse en tôle.

Type 2 :

tiroir en bois, mais avec une plaque métallique en façade tenue par 2 clous, avec ressorts, au moins à droite.

Cette plaque est emboutie avec toujours le même décor du rectangle avec angles coupés, elle est peinte dans la (ou les) couleur(s) du moulin.

Type 3 :

principe identique au type 2, mais la plaque métallique est rabattue sur ses 4 côtés et est fixée au bois sur les côtés et en bas.

Ce modèle ressemble beaucoup aux moulins Goldenberg en tôle, avec la plaque carrée au cygne, qui sont sensiblement de la même époque.

Type 4 :

tiroir en bois, la plaque métallique porte un décor embouti et assorti au décor du moulin.

Tous les modèles postérieurs à 1900 ont un tiroir au type 4.

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Typologie proposée:

Les éléments décrits ci-dessus permettent de distinguer neuf modèles différents pour ce type de moulins.

C'est le décor des panneaux verticaux en tôle qui définit les trois familles de moulins, les autres critères servent à préciser des types spécifiques :

Famille A - décor type A : panneaux plats rivetés, tôle épaisse, tête de l'écrou sommital en ogive

  • type A1 avec calottes type 1 et plaque n° 1 en allemand ,
  • type A2 avec calottes type 2 et plaque n° 1 en allemand,
  • type A3 avec calottes type 1 et plaque n° 3 en français déposé x 2 (alsace),
les modèles de la famille A
tôles de la caisse rivetées plaque I/Elsass
tôles de la caisse riveté plaque déposé déposé
taille 0 - 95 mm caisse aux cotés rivetés

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Famille B - décor embouti type B : rectangles à angles coupés, tête de l'écrou sommital en ogive

  • type B1 avec plaque n° 1 en allemand, peut-être s'agit-il de l'utilisation d'un stock de plaques trouvé après la guerre et utilisé pour le marché allemand ?
  • type B2 avec plaque n° 3 déposé x 2 (alsace),
  • type B3 avec plaque n° 3 déposé x 2 (alsace) et plateau supérieur modifié,
  • type B4 avec plaque n° 7 brevetés SGDG (alsace) ,
les modèles de la famille B
caisse formée d'une tôle repliée 3 fois renseigner le champ commentaire
caisse formée d'une tôle repliée 3 fois renseigner le champ commentaire
B3 renseigner le champ commentaire
B4 renseigner le champ commentaire

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Famille C - décor embouti Type C et tiroir avec plaque décorée, tête de l'écrou sommital arrondie

  • type C1 avec plaque n° 3 déposé x 2 (alsace) et plateau supérieur identique au B3,
  • type C2 avec nouveau plateau supérieur qui annonce les modèles KNL ultérieurs.,
les modèles de la famille C
C1 écrou sommital arrondi
C2 écrou sommital arrondi

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Au total donc 9 modèles de moulins, dont la production devrait s'étaler d'avant ???? jusque vers 1900

Quant au recensement des couleurs des peintures d'origine, on ne peut avancer que des réponses partielles :

  • les décors de type A et de type C sont adaptés à un traitement bicolore, brun clair avec angles brun foncé, gris avec angles noirs, unicolore non rencontré
  • Les décors de type B sont en général d'une seule couleur,brun clair, le brun foncé, le blanc, le vert-gris, le bleu, le gris, et aussi une imitation bois

Une bonne partie des moulins étudiés ont été décapés par des collectionneurs qui estiment que la tôle nue ou traitée à la cire anthracite est plus belle que la peinture d'origine qui a mal supporté l'outrage du temps, mais il suffit parfois de démonter le moulin pour découvrir des traces de sa peinture d'origine dans les recoins ou sous les calottes.