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Sont présentés ici les moulins lyonnais à flasques Schettel :
Adrien Schettel (1823~ca 1900) est contemporain et voisin proche de Pierre Mouchet (1823~1869), leurs moulins sont très semblables.
Adrien schettel est né le 18 novembre 1823 dans le canton de Vaud en Suisse, fils de Benedict Schettel, serrurier et de Louise Murisier.
Il épouse le premier mai 1848, Jeanne Pierrette Ebrard à Besançon.
Sur le registre de mariage de l'époque, est indiquée comme profession "serrurier en voiture".
De leur union naissent à Lyon quartier de la Guillotière plusieurs enfants : Marie Charlotte (4/3/53), Augustine Antoinette (1/3/55), Louise Sophie (6/9/56), Adrienne (28/3/59), Charles François (5/8/61), Marc (1/1/63) et Charles Joseph Batiste (16/1/65).
Sur les quatre actes de naissance de ses filles, la profession déclarée d'Adrien Schettel est mécanicien, son adresse est : 1 Rue de Provence dans le 3° arrondissement de Lyon : la Guillotière.
Sur un même acte, on trouve différentes orthographes du nom de Schettel : SCHÖTTEL est noté en marge, au bas du texte Adrien signe SCHÖETTEL, puis sur le registre annuel de 1853, sur l'acte de naissance de sa fille Marie Charlotte, il signe SCHETTEL.
A. Schettel s'est remarié en 1893 à Lyon dans le 5° avec Françoise Chatenoud, née le 7/4/1860 à Genève, il exerçait alors la profession d'employé d'administration.
Révolutionnaire de 1848, A. Schettel dut s'exiler en Suisse.
Membre de la délégation ouvrière de Londres pendant l'exposition universelle de 1862, il adhère à l'Association Internationale des Travailleurs : l'A.I.T.
Il devient correspondant Lyonnais au congrès de Genève en 1866.
Militant activiste de l'Internationale, Adrien Schettel fut chargé de préparer le soulèvement ouvrier du 28 septembre 1870 dont l'un des objectifs était de hisser le drapeau rouge en haut de la Mairie de la Guillotière, berceau républicain avec le quartier de la Croix Rousse.
Ce soulèvement populaire échoua.
Le conseil de guerre en Aout 1871 le condamna par contumace à un an de prison.
Le gouvernement en place multiplie ses persécutions contre les participants du "complot de Lyon", Adrien Schettel fut emprisonné en 1873.
A. Schettel a fabriqué ses moulins dans un climat insurrectionnel tout en militant pour défendre ses convictions et les intérêts des travailleurs, par son engagement cet homme à inscrit son nom dans un épisode de l'histoire de France.
Les Schettel sont des moulins de comptoir à flasques en fonte moulée, avec arbre horizontal. Ils sont équipés d'une trémie laiton en forme de tulipe coiffée par un couvercle surmonté d'un gland stylisé.
La bague de fixation de la trémie comporte 2 (tailles 00, 0, 1) ou 4 trous (tailles 2, 3) pour être boulonnée au cylindre protégeant le broyeur.
Une flasque porte le numéro indiquant la taille du moulin, l'autre peut être muette, ou porter l'inscription circulaire A. Schettel .
Ces flasques sont fixées par 4 boulons sur une caisse en bois ou sur un bâti en fonte qui porte lui aussi un numéro ; ce bâti comporte 4 œilletons de fixation.
La caisse est le plus souvent en noyer montée à queue d'aronde avec une semelle chantournée dont les bords sont à angles abattus.
Les deux flasques sont assemblées par 2 goujons. La goulotte d'acheminement du café moulu, en tôle, est vissée contre la flasque avant.
Le réglage de la mouture s'effectue au moyen d'une vis fixée dans la flasque arrière, qui appuie sur l'extrémité de l'axe.
Ces moulins existent en plusieurs tailles (00, 0, 1 , 2 et 3 rencontrées).
Ils peuvent être dotés d'une manivelle, d'un volant ou d'une manivelle et d'un volant.
Leur période de production n'est pas exactement connue, mais les archives de l'époque permettent d'indiquer qu'A. Schettel créait des moulins en 1861 à la naissance de son fils et qu'il en produisait encore en 1885.