Moulins à café ou à poivre : la saga 1850 1960
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Dernière modification le 24 01 2021

Histoire de la firme

extrait du fascicule concernant les moulins à café du catalogue 1934 Goldenberg

L'origine de la fabrication des moulins à café aux Etablissements Goldenberg remonte aux premières années d'existence de la maison.

Les moulins en bois du type courant et les moulins en fonte dits de comptoir furent les premiers fabriqués.

Le fondateur de nos Etablissements, M. Gustave Goldenberg, né le 10 mai 1805 à Reimscheid (Royaume de Prusse), sut admirablement exploiter la situation privilégiée de ses usines (main-d'œuvre régionale abondante et déjà spécialisée dans la fabrication de l'outillage, forces hydrauliques naturelles, proximité des fonderies, des forêts).

Aussi les moulins à café devinrent-ils très rapidement une des branches les plus importantes de la maison ; exportés dès le début, ils ont été les premiers propagateurs de la marque Goldenberg à travers le monde.

Après l870, les Établissements Goldenberg furent conduits à développer plus particulièrement leurs relations avec les pays de l'Europe Centrale et de l'Est de l'Europe.

C'est à ce moment que, pour répondre aux besoins d`une clientèle nouvelle, fut créé le moulin en tôle.

Jusqu`en l9l4 des milliers de ces moulins partaient, chaque mois, dans les pays de l'Europe Centrale, l'Orient et la Russie.

Vers l'année l907, les Établissements Goldenberg entreprirent, à la demande de leur clientèle de l'Europe Centrale, la fabrication du moulin à café mural à trémie en faïence et godet en verre.

C'est dans ce moulin mural que l'évolution a été le plus sensible.

Tandis que pour les autres moulins la forme et les dimensions étaient dès le début stabilisées, ne permettant que de légères variantes de présentation, le moulin mural, par son dispositif même, appelait davantage la recherche esthétique.

Aussi les formes et les couleurs en ont souvent changé et les dernières créations des Établissements Goldenberg sont devenues de véritables objets d'art.

Certains de nos modèles sont même brevetés et déposés.

Plus pratique en même temps que plus esthétique et décoratif, le moulin mural devait éclipser son aîné, le moulin carré en bois.

Le mécanisme de broyage de tous nos moulins est fabriqué exclusivement dans nos ateliers.

Cette fabrication est l'obiet d'attentions et d'études constantes qui nous permettent de maintenir le moulin Goldenberg toujours au premier rang.

Nous suivons dans cet article, comme dans toutes nos autres productions, la saine tradition de la maison : le souci clé la qualité.

Même en des temps où la concurrence est devenue véritablement acharnée, les Etablissements Goldenberg n'ont jamais consenti à s'abaisser en suivant les méthodes de concurrents moins scrupuleux qui sacrifient la qualité à l'avilissement des prix.

Historique détaillé construit par Thierry Prieux

Il se trouve dans la rubrique de la partie réservée aux adhérents du site aicmc.fr.

` 9536.

BREVET D'INVENTION DE QUINZE ANS, En date du 4 mai 1853 Aux sieurs Goldenberg , au Zomhoff(Ht-Rhin), pour des perfectionnements apportés aux moulins à café.

Pl. XXXI.

Ce brevet peut se diviser en plusieurs parties, savoir :

  • 3° Description d'une modification du nouveau système d'entonnoir, permettant une deuxième manière nouvelle d'attacher la mécanique, et une modification au système de régler par le bas. Cette description complète les deuxième, troisième et quatrième parties du brevet, et se rattache aux figures 3,4, ii, ii', ia, i3, i3', i4. i4'et i$.
  • 4° Description de la nouvelle surface annulaire lisse, ou cercle lisse, pratiquée sur la noix et l'anneau du moulin, et formant la cinquième partie du brevet. Les figures 7, 7' et 8 en sont le dessin.
  • 5° Description d'une nouvelle manière de régler par en haut, formant la sixième partie du brevet, et se rattachant aux figures i8, i8', i8' et i83.
  • 6° Description d'une boîte de moulin oblongue, formant la septième partie du brevet et dessinée figures i6 et i7.
  • i° Le moulin à café a deux parties bien distinctes, la boite et la mécanique. Dans le moulin à coupe intérieure, la boîte avait jusqu'ici différentes sortes de couvercles pour fermer et ouvrir l'entonnoir; dans la manière que nous allons décrire, ce couvercle est une partie de la boîte. Cette boite, désignée par la lettre a dans les différentes figures i, a, 3, 4, 5 et 6, est en bois; elle est de forme carrée, forme ordinaire adoptée jusqu'ici. Le dessus de cette boîte est scié en deux parties, dont l'une est fixe et l'autre mobile autour de l'arête formée par l'intersection de la face de devant avec l'inférieure du dessus, au moyen de deux charnières en fer, ou laiton, ou fil de fer, ce qui forme ainsi le couvercle de la boîte. Ce couvercle est vu levé dans le moulin dessiné en profil fig. 5, et en plan fig. 6, et est désigné par a'. Mais ce couvercle ainsi décrit pourrait aussi faire charnière autour de l'arête extérieure d'une des parois latérales, soit à droite, soit à gauche, comme cela est indiqué en lignes ponctuées et en plan fig. 6, il est représenté à gauche par a*, et à droite par a3, et sur le profil, fig. 5, par a4.

    De plus, étant scié par le milieu, en travers, en deux, il pourrait se faire en deux pièces, faisant chacune charnière des deux côtés de la boîte, comme la figure 6 le représenterait encore en plan par les lignes ponctuées en o*, en a3; et le profil, fig. 5, en lignes ponctuées a*, a3, a\ c'est-à-dire que la ligne a1 terminerait les couvercles désignés par a3 en ce dernier cas. Jusqu'à présent, pour les moulins s'ouvrant par le couvercle, la partie mobile s'ouvrait toujours du côté de la mécanique; en la faisant ouvrir du côté opposé, ou à gauche, ou à droite, ainsi que nous venons de l'expliquer, nous obtenons une plus grande ouverture pour l'entrée du café. Le tiroir est comme à l'ordinaire, dans ces boîtes, et se trouve désigné au dessin par la lettre 6 et son bouton par b'. L'entonnoir désigné par la lettre c, fig. i et a , est en bois et s'exécute comme il suit:

    On prend une pièce de bois dont on forme un parallélipipède rectangle, qui a pour base un rectangle dont l'un des côtés est égal à la hauteur de l'entonnoir, et l'autre égal à la moitié de l'écartement des parois de la boîte, moins la moitié du côté du carré inscrit dans la circonférence supérieure de l'anneau; prenant alors sur ce parallélipède une longueur égale à l'écartement des parois, et coupant deux pièces de cette longueur, les fendant chacune sur toute leur longueur, suivant la diagonale de leur base, on obtiendra quatre prismes triangulaires, dont les bases serontdes triangles rectangles ayant chacun pour hauteur la hauteur de l'entonnoir, et pour base la moitié de la différence entre l'écartement des parois et le côté du carré inscrit dans la circonférence supérieure de l'anneau.

    Si maintenant on coupe ces prismes à chaque bout, suivant un plan passant par l'arête qui forme la hauteur du triangle servant de base au prisme, et donnant à ce plan un angle de 45 degrés avec la face passant par ces deux hauteurs, on obtiendra quatre prismes triangulaires tronqués, qui, posés l'un contre l'autre, de manière à se toucher deux à deux, suivant la face ou la section qu'on vient de leur donner, et de telle sorte que les deux arrêtes par où l'on a fait passer ces sections ne forment plus qu'une seule et même arête, la réunion de ces quatre prismes tronqués formera un corps qui, extérieurement, représentera un parallélépipède dont la base sera un carré ayant pour côté l'écartement des parois de la boîte et entrant par conséquent exactement dans celle-ci, et qui laissera intérieurement un espace de la forme d'une pyramide rectangulaire tronquée, ayant pour base, en dessus, le carré du dedans de la boîte, et en dessous le carré inscrit dans la circonférence supérieure de l'anneau, et pour hauteur la distance du dessus à cet anneau, et servira donc ainsi d'entonnoir. Cet entonnoir reposera sur l'anneau, celui-ci se posant immédiatement au-dessous, et sera en outre tenu par les quatre parois de la boîte; il tiendra donc de lui-même, et n'aura pas besoin d'être ni cloué ni attaché. On peut à volonté conserver le trou au-dessus de l'anneau carré ou l'arrondir avec une fraise. Cet entonnoir joint l'avantage de la propreté à celui de l'économie, revenant moins cher que ceux en métal, et n'étant sujet à aucune oxydation, comme l'est un métal. Cet entonnoir se trouve représenté en coupe Cg. i et a, et en plan fig. 6, et représenté dans les trois figures par c. Cet entonnoir peut du reste être même recouvert d'un vernis, ou de métal, ou d'une autre matière.

    Dans le moulin fig. i, l'anneau désigné par/ est attaché à la boîte avec deux pattes h, h, rivées chacune sur un côté dans le dessus de l'anneau, et pliées horizontalement à la surface supérieure de cet anneau, et chacune est repliée une seconde fois verticalement en bas, de manière à avoir à ces deux intersections entre elles une distance égale à l'écartement des côtés de la boîte, contre lesquels elles sont fixées chacune par une vis à tète fraisée; ces vis sont entrées par le dehors, et retenues chacune par un écrou en dedans. La tige e de la noix d passe par une traverse à douille g, vissée avec deux vis en bois sur le dessus de la boîte. Cette traverse à douille sert au double usage d'empêcher la noix de vaciller et de pouvoir descendre, et cela de la manière suivante: La tige e a à son extrémité supérieure un bout tourné plus mince, de manière à laisser, un épaulement de la profondeur d'un pas de vis. La partie amincie est taraudée d'un pas à droite destiné à recevoir le bouton en laiton n, percé et taraudé.

    La partie épaisse de la tige immédiatement au-dessous de l'épaulement est taraudée d'un pas à gauche, pour recevoir la manivelle m, taraudée du même pas. Cette manivelle, vissée sur la tige, empêchera celle-ci de tomber ou de descendre, et de plus on peut faire monter cette tige par le moyen de cette manivelle, et de cette manière serrer la noix contre l'anneau; mais, en tournant la manivelle pour moudre, on la dévisserait à chaque tour; pour empêcher ceci, on visse le bouton ;i jusque sur cette manivelle. En tournant alors pour moudre la manivelle de gauche a droite, celleci , en vertu de son pas de vis gauche, tendra à remonter, et par le frottement tendra, avec ce mouvement, à faire tourner le bouton aussi de gauche à droite, et celui-ci au contraire dans ce mouvement, en vertu de son pas de vis droit, tendra à descendre. L'un arrêtera donc l'autre, et chacun gardera sa position. Si maintenant on veut serrer ou desserrer la noix pour moudre fin ou gros, on empêche la noix de pouvoir tourner, et l'on fait faire à la manivelle, pour moudre fin , un tour à gauche, et pour moudre gros, un tour à droite; et on serre le bouton dessus pour l'empêcher de revenir à sa position primitive. Pour éviter la trop grande usure, on place entre la manivelle m et la douille g une rondelle en fer ou en cuivre, facile à remettre quand elle est usée. La manivelle est en fer demi-rond et plat aux deux bouts; on peut aussi la faire en fer rond légèrement conique et aplati aux deux bouts, comme fig. 5 et 6.

    A l'extrémité de cette manivelle on adapte un bouton en bois o, par le moyen d'une cheville à tête, passée dans ce bouton et rivée sur la manivelle. a° Au lieu de suspendre la noix avec la manivelle sur la traverse à douille, on fait reposer cette noix sur un système perticulier, qui sert en même temps à régler le moulin, comme on le verra dans la description suivante. Pour cela la tige n'est taraudée qu'au bout, pour recevoir le bouton, ayant au-dessous du filet un carré pour recevoir la manivelle; la tige peut, par ce moyen, être moins forte, et la traverse à douille peut aussi être beaucoup plus faible et moins haute, et même elle peut être remplacée par une simple traverse sans douille, percée d'un trou, pour que la tige ne puisse aller de côté, fig. a. Pour arriver à porter la noix par le bas, on tourne les pattes h, h, en les rivant à l'anneau, en bas, au lieu de les faire aller en haut; on les plie horizontalement un peu au-dessous de l'anneau, et on les rive ou visse sur une traverse en fer j, fig. a, en coupe; on voit fig. g la mécanique seule de face, fig. 9' celle-ci en plan coupé par la ligne CD. Cette traverse doit être assez longue pour pouvoir être pliée aux deux bouts, et conserver ainsi les bouts recourbés sur une longueur égale à l'écartement de la boîte entre les côtés. Ces deux bras sont alors attachés contre ces côtés, comme les pattes dans la description précédente. On peut aussi donner une longueur telle aux pattes h, h, qu'on puisse les plier deux fois, les bouts tournés verticalement vers le haut, et qu'elles puissent recevoir une courbure au milieu, dans leurs parties horizontales; voir, fig. i0, ce système vu de face, et fig. i0', vu de plan; il faut alors attacher aux parois les bouts repliés verticalement, qui doivent avoir conservé une distance entre eux égale à l'écartement des parois de la boîte. On riverait ou visserait alors la traverse j sur ces pattes, observant de leur donner, comme il est dit, une courbure qui les empêche de s'allonger, ou laisser descendre la traverse par la pression qui est exercée sur la noix. Ce dernier moyen d'attache n'est pas aussi solide que l'autre, mais est plus facile à exécuter. Dans les deux cas la traverse j est percée de deux trous, dans lesquels passent les deux becs arrondis du porte-noix i, qui est un morceau de fer carré dont les deux bouts sont pliés à angle droit et arrondis; il a une longueur égale au diamètre de la noix, et les trous de la traverse sont percés de manière qu'ils se trouvent au diamètre de la noix, dans le sens de la longueur de la traverse, sans dépasser la circonférence de la noix; voir fig. i1i où ce porte-noix i est représenté de face et de plan. Ce dernier, tenu par ses deux becs dans la traverse j, ne peut se mouvoir que de haut en bas, ces becs l'empêchant de tourner; la noix, dans sa rotation, ne pourra agir sur lui; la vis k, qui se trouve vissée dans la traverse j, au-dessous du porte-noix i, pourra faire monter ou descendre celui-ci sans qu'il puisse en retour faire bouger la vis; de sorte qu'on peut serrer et desserrer par ce moyen la noix, en la maintenant dans son mouvement de rotation au degré de finesse qu'on lui donne, ce qu'on ne peut pas faire avec une vis placée sous la noix, parce que celle-ci l'entraîne par le frottement dans son mouvement de rotation. La noix posant sur le porte-noix des deux côtés, la pression est répartie sur toute la longueur du diamètre, et l'usure, par conséquent, est moins forte que si la pression était portée sur un seul point, comme par exemple sur un pivot. Ce système présente en outre l'avantage de pouvoir être fait mécaniquement, sans ajustage; donc à peu de frais. L'ensemble de ce système n'ayant pas encore été fait jusqu'ici, même en partie, nous faisons du système à régler avec le porte-noix notre troisième partie du brevet, et des moyens d'attache décrits dans ce chapitre , une première partie de la quatrième partie du brevet. 3° Les figures 3 et 4 donnent la coupe d'un moulin où l'entonnoir est en partie formé par une planchette tenue entre les,côtés de la boîte, et contre cette XXXI. planchette, en dessous, on attache en même temps les pattes h, h, rivées sur l'anneau.

    Ces pattes sont pliées à la surface supérieure de l'anneau horizontalement, et vissées chacune avec une vis à bois à la planchette. Pour réaliser cette disposition, on pratique dans les deux côtés de la boîte, à une distance du dessus égale à la hauteur de l'entonnoir, et cela horizontalement, une rainure à grain d'orge : on coupe ensuite une planchette qui aura pour longueur l'écartement des parois de la boîte, et pour longueur cette même distance, augmentée de la double profondeur d'une des rainures; on donne alors aux côtés les plus écartés de la planchette un chanfrein assez fort pour que le tirage qui en résulte remplisse la rainure exactement; en assemblant ensuite la boite, la planchette entrée dans ces rainures parles côtés ayant les chanfreins, celle-ci fera corps avec la boîte, et pourra ainsi tenir solidement l'anneau qui lui est attaché. Cette manière de tenir l'anneau n'oblige pas d'avoir des pattes aussi longues que quand elles sont attachées aux côtés du moulin, et, en outre, donne l'avantage de pouvoir employer pour l'attacher deux vis à bois au lieu de deux vis à métaux avec écrous, ce qui offre encore une petite économie. Si on fraise dans cette planchette un trou conique qui ait en bas la grandeur de la circonférence supérieure de l'anneau, ou qu'on pratique un trou carré pyramidal ou à faces obliques, qui ait en dessous la grandeur du carré inscrit dans la circonférence susdite, on a un commencement d'entonnoir, qui sera complet en adaptant au-dessus quatre prismes triangulaires tronqués, comme ceux expliqués plus haut, mais qu'on aurait soin de fabriquer de manière à ce que le parallélépipède dont ils sont formés soit diminué dans les deux sens de l'épaisseur de la planchette, ce qui rend leur exécution d'autant plus facile, fig. 3. On pourrait encore, pour former l'entonnoir, au lieu de prismes triangulaires tronqués, comme ceux qu'on vient d'expliquer, prendre des planchettes trèsminces , coupées en trapèzes, ayant pour base, d'un côté l'écartement des parois de la boîte, et de l'autre le côté du carré formé en dessus par le trou pratiqué dans la planchette, si celui-ci est creusé, et si le trou est rond, le côté du carré inscrit dans le cercle supérieur de celui-ci, et pour hauteur la distance de ce côté à l'arête opposée à ce côté à la surface supérieure de la boîte. Ces quatre planchettes c', tenues avec une pointe aux parois de la boîte, formeraient l'entonnoir; cette 3? construction est moins solide que la précédente, mais plus économique (voyez fig. 4 la coupe d'un moulin avec cet entonnoir). Ces deux manières de faire l'entonnoir complètent la deuxième partie de notre brevet.

    Avec ce système, comme nous venons de l'expliquer, on peut solidement tenir l'anneau contre la planchette c' avec les pattes h, h, de sorte qu'on peut aussi varier le moyen de tenir la traverse j, base du système à régler, après les pattes h, h. On peut laisser descendre ces pattes au-dessous de l'anneau, et les entailler un peu au-dessous, des deux côtés, chacune de manière à ce que ces parties entaillées entrent chacune dans un trou rectangulaire percé dans la traverse j (voyez la coupe, fig. 3, la vue de la mécanique, fig. ii, et celle-ci en plan fig. ii ', et la patte emmanchée, fig. «a, dans la traverse vue de profil). Ces trous sont percés à une distance l'un de l'autre égale à l'écartement de ces pattes; celles-ci sont percées en outre, au-dessous de la traverse, chacune d'un trou rond et se trouvant immédiatement sous celle-ci, de manière à pouvoir mettre les goupilles q dans ces trous, et tenir avec elles cette traverse. On pourrait, au lieu de prendre des pattes longues entaillées, prendre des pattes courtes et river sur celles-ci, sous leur point d'attache à l'anneau, et après chacune, un bout de fil de fer recourbé en haut et taraudé en bas (voyez fig. i3 la vue de la mécanique par devant, et fig. i3' la vue de la patte seule, fig.' i4' la traverse de face et de plan); percer ensuite dans la traverse, au lieu de trous rectangulaires, des trous ronds de l'épaisseur du fil de fer et ayant l'écartement de ces deux bouts; cette traverse peut alors être tenue par deux écrous vissés sur ces bouts. Le porte-noix i et la vis k resteraient dans la traverse , comme il est expliqué plus haut.

    Ces deux systèmes, avec leur manière d'attacher ou de tenir l'anneau contre la planchette c, forment, par leur nouveauté, la deuxième partie de la quatrième partie du brevet. Dans le dernier cas que nous venons de décrire, on pourrait, pour régler avec le porte-noix, disposer une traverse mince seule, qu'on monterait ou descendrait au moyen des deux écrous, fig. i5. Ce moyen est plus incommode que les autres, mais encore plus économique.

    Au lieu des bouts de fil de fer taraudés, on pourrait encore régler avec la traverse seule, en allongeant les pattes de manière à pouvoir les entailler au-dessous de l'anneau, de manière à ne laisser que des bouts à peu près égaux en largeur et épaisseur, et pouvant être ainsi légèrement arrondis et taraudés, pour recevoir les écrous, comme le montre la figure 4 Ces deux derniers moyens de régler forment le complément de la troisième partie du brevet.

    4° La noix représentée en coupe, fig. i, a, 3 et 4, et de face, fig. 7, et en plan, fig. 7', se compose de la noix proprement dite d et de la tige e. La noix peut être forgée à la main ou au martinet, ou découpée et frappée au balancier.

    La tige peut être soudée ou vissée, ou y être introduite de force, soit à froid, soit à chaud.

    La noix et la tige peuvent encore être en fonte ou en fer.

    Les grandes dents indiquées sur la noix servent à concasser les fèves de café, et les petites à les broyer très fin. Jusqu'à présent les petites dents se prolongeaient, dans tous les moulins, jusqu'à l'extrémité de la partie inférieure de la noix et de l'anneau /, représenté en coupe fig. 8, et en plan fig. 8', et se frottaient les unes contre les autres quand on faisait tourner la noix, ce qui hâtait l'usure. Pour remédier à cet inconvénient, on n'a employé jusqu'à présent d'autre moyen que de centrer ou de fixer la noix au moyen d'un pivot dans une traverse; mais ce moyen exigeait beaucoup de précision dans le travail, et présentait beaucoup de difficultés lorsqu'on voulait obtenir une mouture très fine. En outre, l'usure du pivot détruisait facilement son effet. Nous avons imaginé d'établir à la partie inférieure de la noix un cercle lisse, ainsi qu'on le remarque fig. 7; nous établissons le même cercle lisse au bas et à l'intérieur de l'anneau (voyez la coupe fig. 8), de façon que l'un s'adapte à l'autre. Ces deux parties frottent donc l'une contre l'autre, et empêchent ainsi les dents de se toucher immédiatement ou entièrement, et ne permettent au café de passer entre elles que réduit en poussière. Les dents, ne se frottant pas, ne s'usent pas réciproquement, et ne font pas non plus le bruit occasionné par le frottement de celles-ci; et on pourra moudre aussi fin que l'on voudra. 5° Pour régler le degré de mouture du café, on peut employer le moyen représenté sur les figures i8, i8', i8*, et que nous allons décrire. Fig. i8, coupe du système. Fig. i8' et i8', coupe et plan de deux dispositions de la rondelle r du système. La tige e est taraudée par son bout supérieur pour recevoir le bouton n, comme dans les autres systèmes. Immédiatement au-dessous de ce pas, la tige est carrée pour recevoir la manivelle m. Le carré est circonscrit à la circonférence extérieure du pas de vis, pour passer la manivelle par-dessus le pas, sans le toucher. Au-dessous du carré cette tige est ronde et d'un diamètre un peu plus fort que la diagonale du carré; elle est, en outre, en ce point, taraudée d'un pas de ris très-fin à une petite longueur, et destiné à recevoir □ne rondelle s taraudée du même pas à l'intérieur. On abat un peu les coins du carré après la tige, pour pouvoir facilement glisser la rondelle s par-dessus, sans abîmer son pas. On pratique ensuite dans la tige une petite rainure dans le sens de la longueur, et d'une longueur du double de l'épaisseur d'une rondelle r placée sous celle s. Pour empêcher que la rondelle r ne tourne autour de la tige, on y perce un trou au milieu de son épaisseur, dans le sens du diamètre, et l'on y passe une goupille ou petite vis qui dépasse son cercle intérieur et entre dans la rainure de la tige; de cette manière cette rondelle ne peut que glisser le long de cette tige et non tourner autour. Au lieu d'une rondelle à goupille ou à vis, on peut prendre une rondelle plus mince, percée au découpoir d'un trou rond, moins un petit carré, laissant ainsi à son cercle intérieur un bout de fer carré dépassant sa surface cylindrique intérieure. La rondelle r est destinée à poser sur la traverse à douille 2 > et la tige sera suspendue à la rondelle s sur la rondelle r. Selon qu'on tournera la rondelle-écrou s dans un sens ou dans l'autre, la tige e montera ou baissera par l'effet du pas de vis; si ensuite on tourne pour moudre, la rondelle r tournera avec la tige et ne fera donc sur celle s aucun effet, qui, par conséquent, tiendra la tige à la hauteur donnée, ce qui n'arriverait pas si la rondelle 5 frottait sur la traverse à douille, parce que le frottement l'arrêterait en partie, et par là la tige monterait ou descendrait. Pour éviter un peu l'usure, on peut mettre une rondelle en cuivre entre la rondelle r et la traverse à douille g. Ce système offre l'avantage, sur les autres, de pouvoir être à portée de la vue et d'être compris facilement; il forme la sixième partie du brevet. 6° La figure i6 donne la coupe suivant la ligne £ F tracée sur le plan, fig. i7, d'une boîte oblongue, c'est-à-dire plus longue que large. Cette boite conserve en longueur la dimension des i boîtes carrées du même calibre, mais en largeur elle n'a que presque la moitié, et conserve tout de même, avec une légère augmentation en hauteur, les mêmes capacités dans l'entonnoir et le tiroir que les boîtes carrées. Dans cette boîte, avant de l'assembler, on fixe, sur les deux côtés les plus rapprochés de celle-ci, deux petits bouts de bois carrés c ,c, auxquels on a eu soin d'abattre un des angles droits dans le sens de la longueur, de manière à avoir une face inclinée, qu'on fait regarder vers le dessus, avec deux vis à bois chacun. On les visse à une distance de dessus, et parallèle à celui-ci, telle que l'anneau soit placé immédiatement au-dessous, c'est-à-dire à hauteur d'entonnoir. Il faut avoir eu soin de donner à ces bois une épaisseur telle que la boîte, étant assemblée, leur écartement dans celle-ci soit égal au côté du carré inscrit dans le dessus de l'anneau, c'est-à-dire sa circonférence supérieure; leur largeur peut être un peu plus forte que l'épaisseur, sans l'être trop. On peut leur donner une longueur moindre que celle de la boîte, en observant de les visser ou clouer de manière à ce que, celle-ci étant assemblée, ils touchent la paroi de devant. La boîte étant ainsi assemblée, si on fixe deux bouts carrés c\ c* entre les deux autres c et c, l'un adossé à la paroi de devant et l'autre vers le milieu de la boite, de telle manière que le carré formé par ces quatre pièces soit celui inscrit dans la circonférence supérieure de l'anneau, ayant eu soin de donner au premier une face oblique vers le dessus. La hauteur de ces pièces c* devra être égale à la largeur des pièces c, c, entre la face oblique et le dessous de ces pièces, et ensuite, avec une planchette mince ou une feuille de métal c', l'on mettra une surface oblique depuis le devant du deuxième morceau c* jusqu'au-dessus de la paroi de derrière de la boite, ayant observé de découper cette pièce c' de manière à ce qu'elle se rapporte sur les faces inclinées c,c, comme on le voit sur le plan fig. i7; on a ainsi l'entonnoir de la boîte terminé; il suffit d'attacher les morceaux c*, c* et c' avec une pointe. L'anneau de la mécanique étant placé sous le trou carré de cet entonnoir, de manière que ce carré soit inscrit dans sa circonférence supérieure, et ses pattes tournées en diagonale de la boîte, comme fig. i7 en lignes ponctuées, on peut facilement faire tenir celui-ci sur les morceaux c, c de l'entonnoir avec deux vis à bois. La mécanique se trouve ainsi placée sur le devant de la boite, ce qui permet d'avoir le couvercle trèslong, et donne une grande ouverture au-dessus de l'entonnoir pour mettre le café. Ce couvercle fait charnière autour de la paroi de derrière du moulin, de la même manière que celui aux boîtes carrées décrites, et peut aussi, comme dans celles-ci, faire charnière sur le côté de droite ou de gauche, si on le préfère. Cette forme de boîte donne encore cet avantage que le café moulu se ramassant toujours sur un tas dans le tiroir, sous la mécanique, celle-ci étant sur le devant et le tiroir long, on refoule le café en tirant le tiroir, qui le dépasse en dessus en arrière dans la place vide. En outre, le tiroir étant un peu plus haut qu'aux autres moulins, on peut laisser se ramasser plus de café dedans que dans les boîtes carrées, par la raison que dans celles-ci il ne peut pas s'éparpiller sur cette grande surface. Une des dimensions de ces boîtes étant aussi beaucoup plus petite qu'aux carrées, il faut moins de bois pour leur confection; l'entonnoir est plus économique, les pattes d'attache aussi plus petites, de sorte que ces moulins joignent l'économie aux avantages énoncés, et de plus on a encore celui de les tenir mieux entre les jambes, sans les gêner autant.

    CERTIFICAT D'ADDITION, En date du 11 mars 1855.

    Le perfectionnement que nous venons apporter aux moulins à café se compose de deux parties, savoir:

    Voici l'assemblage des côtés de boîtes. Les côtés de boîtes de moulins à café s'assemblaient, jusqu'à ce jour, à queues d'aigles; quelques fabricants se contentaient aussi de clouer tout simplement ces côtés, d'autres les clouaient après avoir coupé les petites faces de jointures sur un angle de 45 degrés avec la face extérieure de la boîte. Ces méthodes présentent plus ou moins d'imperfection. La première, qui est la plus solide, présente l'inconvénient que d'abord les planchettes se fendent facilement aux angles intérieurs des queues d'aigles; ensuite chacun des côtés monte sur l'autre au bout des queues d'aigles du bois debout, ce qui est disgracieux; et de plus, par le changement de l'état hygrométrique de l'air, le bois des planchettes s'allonge ou se retire, et alors les bouts de ces queues dépassent ou rentrent dans la surface du côté de la boîte. La deuxième méthode n'a point besoin d'être discutée; le mauvais de cette espèce d'assemblage est d'être laid et peu solide. Par la troisième méthode, on est parvenu à rendre l'extérieur plus agréable à l'œil, sans pour cela ajouter à la solidité, les clous laissant trop facilement les côtés se voiler et se tordre, et, malgré le mastiquage, les petits trous formés par les clous paraissent toujours sur la surface. Pour éviter les inconvénients de ces méthodes énoncées, nous substituons un nouveau mode d'assemblage des côtés de moulins à café qui remplit les conditions voulues, étant plus approprié au travail du bois. Ce nouveau mode consiste à pratiquer dans les deux champs, dans le sens de la hauteur de la boîte, et sur chacun des deux côtés de celle-ci, une rainure d'une largeur environ de la moitié de l'épaisseur du bois, de manière à laisser sur chaque côté de cette rainure un filet de bois, celui vers l'intérieur, de section rectangulaire, d'une épaisseur égale environ à un cinquième de celle du bois, et l'autre vers l'extérieur, d'une épaisseur environ du tiers de la même épaisseur du bois. Le filet extérieur est en outre façonné tel que sa section est un trapèze, dont un des côtés est situé dans la face extérieure du côté de boîte; l'autre adjacent, dans une face inclinée à 45 degrés sur cette face extérieure ; les deux autres côtés perpendiculaires; le fond de la rainure est distant de l'arête formée par les deux dites faces inclinées d'un peu plus que la moitié de l'épaisseur de bois d'un côté de boîte, et la hauteur du filet intérieur de ce fond est d'environ un tiers de l'épaisseur d'un côté. Ceci fait, on pratique dans les deux côtés de la boîte, aux deux bouts de la face intérieure de ces côtés qui viennent porter contre le champ des autres côtés, une rainure et une entaille, laissant entre eux un filet, de manière que ce filet entre exactement dans la rainure des premiers côtés et les filets de ceux-ci exactement dans les entailles de ceux-là. Avant d'assembler les côtés ainsi travaillés, on enduit les rainures et filets de colle forte, de sorte qu'en les réunissant cet assemblage de filets et rainures forme alors pour ainsi dire un seul et même corps. Les figures i g et ao représentent les détails de cet assemblage. On pourrait encore, si on ne voulait pas coller, donner à la section du filet intérieur la forme de trapèze , dont la base la plus longue formerait l'épaisseur du filet en dehors et la courte base l'épaisseur dudit filet à l'intérieur; la rainure qui y correspond aurait la même figure inverse, c'est-à-dire la grande base au fond et la courte devant. Ce mode d'assemblage des côtés de boîte de moulins à café a l'avantage d'abord de donner à ces côtés un extérieur bien net, bien uni, bien propre et facile à polir, ensuite de donner une grande solidité à la boite, tout en ne permettant pas que le bois travaille, c'est-à-dire se voile ou se fende, parce que le bois en long d'un côté tient le bois en travers de l'autre, et que si le bois devait se retirer ou se gonfler par l'exposition de la boite à l'humidité, la boîte changerait légèrement de hauteur sur tout le pourtour sans porter de préjudice à rien. Considéré sous le rapport de la main-d'œuvre, ce procédé, qui serait très-difficile et très-coûteux à exécuter à la main, devient extrêmement facile et se fait extrêmement vite et exact, étant exécuté mécaniquement au moyen de la scie circulaire et de la fraise; de sorte qu'on peut joindre aux premiers avantages celui du bon marché. Un autre perfectionnement consiste dans la nouvelle manière d'exécuter les noix et les anneaux de moulins à café. Jusqu'ici le plus grand nombre de fabricants de moulins forgeait ces noix et anneaux à la main, quelques-uns ont depuis commencé à les forger ou plutôt frapper dans une étampe, soit sous un balancier, soit sous le martinet; mais dans tous ces procédés on ne formait les grosses dents que très-imparfaitement , et même chez quelques-uns pas du tout. Pour la forge à la main, on se contentait de faire un simulacre de creux de dents dans la noix, dans le sens de l'axe de celle-ci, au moyen d'une tranche, et on formait et inclinait alors ces dents à la lime. Pour celles étampées, les dents n'étaient qu'indiquées, comme aux précédents, ou ne l'étaient pas du tout, se réservant de les faire à froid au moyen d'une fraise. Quant à l'anneau, on n'a jamais fait les dents à la forge, et pour indiquer les petites dents, on n'y a pas non plus songé. A ces diverses méthodes nous substituons un nouveau mode de forgeage qui, au moyen d'étampes inventées à cet effet, forme les grosses dents telles qu'elles doivent être d'une manière très-parfaite, et permet d'indiquer les petites dents, si on le juge convenable. Pour arriver à exécuter ainsi les noix de moulins, nous avons imaginé' de faire une étampe en fonte de fer, soit malléable, soit grise, voir les figures ai, aa, a3 et a4, et, à cet effet, nous avons exécuté un petit modèle de la grandeur extérieure que nous avons voulu donner à l'étampe, nous avons ensuite exécuté une noix de moulin avec ses dents telles qu'elles doivent y être pour bien moudre, et nous avons approprié cette noix de manière à pouvoir servir de noyau au moule moulé sur ce modèle d'étampe. Le moule ayant été préparé de cette manière, avec son noyau, la fonte coulée dans ce moule a présenté, après avoir été sortie du moule et débarrassée de son noyau, un intérieur dont le vide était parfaitement exact au noyau ou plutôt à la noix de moulin, et pouvant de cette manière servir à mouler ou étamper des noix parfaitement pareilles à la première. Pour maintenir cette étampe en fonte, on l'entoure d'un cercle en fer forgé ou d'une autre matière qui ne lui permet point d'éclater. Ce moule, qu'il serait presque impossible d'exécuter d'une manière exacte par d'autres moyens, revient de cette manière à un prix extrêmement minime , ce qui doit être une des premières considérations. Pour l'anneau qui a les dents à l'intérieur, on a procédé de la manière suivante : l'étampe du dessous, qui donne la forme extérieure à l'anneau est en fonte de fer, le tampo,n ou contre-étampe, qui donne la forme intérieure à l'anneau est en acier, et pour pouvoir facilement y pratiquer les dents, nous avons imaginé de le faire en deux pièces qui s'adaptent l'une sur l'autre, et qui permettent ainsi de pratiquer trèsfacilement une partie de dents dans chacune de ces deux pièces, qui assemblées forment la dent entière, et, en général, la forme que doit avoir l'anneau à l'intérieur; ces dents seraient extrêmement difficiles à faire, l'étampe étant d'une seule pièce, et par conséquent celle-ci serait fort coûteuse, ce qui n'a pas lieu de la manière que nous indiquons. Voici les avantages qui résultent de ce mode de fabrication. D'abord il est facile de voir que de cette manière l'outillage n'est pas onéreux et permet de travailler avec une grande exactitude. Il y a donc déjà épargne de main-d'œuvre, ce qui permet de réduire le prix de vente des moulins; il y a de plus épargne de fer, le fer qui se trouvait auparavant dans le creux des dents tombait dans les rognures par les autres manières de travailler, tandis que par ce mode il reste après la barre, et par là sert à confectionner un plus grand nombre de mécaniques. De plus, par ce procédé ou cette manière de travailler, on peut employer des manœuvres qui néanmoins font un travail exact, tandis que pour les autres manières il fallait d'habiles ouvriers , et dont le gain était très-élevé : on a donc par là obtenu le double avantage de joindre le bon marché à la bonne confection.

    CERTIFICAT D'ADDITION, en date du 19 mai 1855.

    La mécanique du moulin à café, dit de côté, plus spécialement employé par les épiciers, se compose d'une noix et d'un anneau placés de manière que leur axe soit horizontal. L'introduction du café se fait ordinairement en dessus par un trou carré pratiqué de ce côté dans l'anneau, au bout portant les grosses dents, et, pour que le café ne tombe pas, on est obligé de faire porter le pourtour de l'anneau du côté des grosses dents contre la paroi de la boîte, que celle-ci soit en fonte ou en bois. La mécanique est, du reste, pourvue d'un système pour régler la mouture, et le trou carré est surmonté d'un entonnoir. Mais ce système, par cela même qu'un bout de l'anneau était obligé d'appuyer contre quelque chose, l'autre devant rester libre, de même que le trou à un bout de l'anneau pour l'introduction du café, présentait beaucoup de difficultés pour le montage, tant pour l'entonnoir que pour l'attache de la mécanique dans la boîte, et ne permettait pas de donner une forme gracieuse à la boîte, de sorte que ces moulins, tout en étant très-chers, étaient, en outre, disgracieux. Pour prévenir ces inconvénients, nous avons imaginé de faire un moulin dit de côté avec double mécanique , s'exécutant comme nous allons le décrire. La mécanique de ce moulin se composera d'un anneau, soit d'une pièce, soit de deux pièces, présentant à l'intérieur deux troncs de cône, dont la petite base sera commune au milieu et les grandes bases seront aux deux bouts; les pourtours du côté des petites bases porteront les grandes dents, et ceux, vers les grandes bases, les petites dents. Cet anneau sera percé , au milieu de sa longueur, d'un trou, soit carré, soit rond, assez grand pour permettre aux fèves de passer facilement au travers. A chacun des cônes de cet anneau on appropriera des noix qui auront une même tige, et de telle sorte que, étant entrées entièrement chacune dans l'anneau, les têtes du côté des grosses dents des deux noix se toucheront presque. L'une de ces noix aura les dents tournées à droite, l'autre à gauche, et les contre-dents de l'anneau cadrant avec celles-ci. Ces noix seront assujetties sur la tige, de manière que, quand on tourne celle-ci, elle entraîne dans son mouvement de rotation les deux noix. Pour obtenir cet effet, on peut pratiquer dans les noix des trous carrés, et faire la tige carrée à l'endroit où elle porte les noix, ou des trous ronds avec une mortaise, et faire la tige ronde avec prisonniers ou clavettes. Les fèves de café, en passant par le trou pratiqué dans le milieu de la longueur de l'anneau, tomberont dans les grosses dents des noix, et seront, dans le mouvement de rotation de celles-ci, concassées, une partie par l'une, une partie par l'autre, et, entraînées par elles, elles sortiront en poudre sur les deux pourtours devant et derrière l'anneau. Pour soutenir la tige, on peut le faire, soit en entaillant aux deux bouts et des deux côtés l'anneau, de manière à pouvoir y adapter, comme le montre le dessin, à chaque bout une traverse percée par laquelle passerait la tige, soit par une douille qu'on fixerait à la boîte. Pour régler la mécanique, on peut le faire de deux manières: i° En employant les deux traverses, comme il est dit, les entailles étant assez profondes pour permettre aux traverses de porter contre les noix, celles-ci étant tout à fait enfoncées dans l'anneau. En avant de la traverse de devant on fixe sur la tige, soit une rondelle, soit une goupille, ou on laisse un épaulement à la tige, de manière à pouvoir tirer la traverse en arrière, en tirant la tige. Derrière la deuxième traverse on pratique un carré sur la tige, celle-ci étant dans les deux opérations à la place qu'elle doit occuper, et on adapte une rondelle sur ce carré. • Derrière la rondelle, on arrondit de nouveau la tige, et on la taraude, pour pouvoir y adapter un écrou. Ceci fait, en serrant l'écrou on fait porter la rondelle contre la traverse de derrière, qui est poussée en avant, et pousse par contre en avant la noix, en même temps la tige se retire, retire la traverse de devant, qui tire aussi la noix en arrière. Il est bien entendu que la tige peut glisser dans les deux noix dans le sens de la longueur. Les deux noix en se mouvant ainsi l'une vers l'autre se rapprochent vers] le milieu de l'anneau, et, en avançant dans ces troncs de cônes, finissent par se serrer à leurs pourtours. Contre les pourtours de ces cônes, et par conséquent contre l'intérieur de l'anneau, en desserrant l'écrou, le contraire a lieu. La mécanique se trouve donc ainsi facilement réglée. a° Le même effet est obtenu par la manière qui consiste à laisser, dans le cas d'une douille, la traverse de devant de côté, et de fixer la noix de devant sur la tige, de manière à ce qu'elle ne puisse pas glisser le long de celle-ci, la seconde gardant la faculté de glisser. En adoptant alors le restant du système tel que nous venons de le décrire, les noix se meuvent de la même manière que précédemment, seulement la première noix est directement sollicitée par la tige. Voici les avantages que présente ce moulin. Le café sortant moulu sur les deux pourtours de l'anneau, il y a double effet. Une mécanique d'un petit numéro pourra donc remplacer une mécanique d'un numéro de double grandeur; de là résulte que ce moulin exige moins de force pour Être tourné, et que l'on peut exécuter la mécanique plus facilement par un travail mécanique, et beaucoup plus exactement que les gros numéros, les mécaniques de ceux-ci se voilant trop facilement à la trempe, de sorte qu'on n'a jamais pu arriver à une mouture fine, ce qu'on peut produire avec les nouvelles jusqu'au dernier point. Ce système permet d'adapter la mécanique au milieu de la boîte, quelle qu'en soit la matière, et par là aussi d'adopter presque toutes les formes , de manière à pouvoir la rendre très-gracieuse à l'œil. La mécanique pourrait s'adapter contre une table ou une planchette , librement en l'air, raison de plus pour pouvoir travailler mécaniquement, tandis que pour les anciens il fallait approprier, pièce par pièce, les boites et entonnoirs aux mécaniques, ce qui demandait une forte main-d'œuvre pour chacun de ces objets. Le café moulu tombant aux deux bouts de l'anneau forme deux tas se répartissant ainsi sur presque toute la surface du tiroir, tandis que pour les autres, tombant seulement d'un côté, il ne formait qu'un tas unique d'autant plus haut, et faisait ainsi verser du café en tirant le tiroir. Nous demandons donc que, pour concasser ou moudre, soit le café, soit toute autre espèce de grains, nous ayons seuls le droit de fabriquer le moulin à double noix, que nous venons de décrire, quelles que soient la forme et la matière de la boîte, et quelle que soit la manière qu'on emploiera pour régler le degré du moulin. Nous nous réservons, en outre, le droit de pouvoir fabriquer les diverses pièces de ce moulin, soit en fer, soit en acier, soit en fonte malléable ou brute.

    CERTIFICAT D'ADDITION, en date do 30 janvier 1857.

    Ce nouveau procédé, par sa grande simplicité, s'opère très-facilement, et est à la portée de toutes les intelligences. En effet, il ne s'agit que de tourner à droite ou à gauche, selon qu'on se propose de moudre plus gros ou plus fin, la téte d'une vis qui se trouve sur le dessus du moulin. Voici en quoi consiste ce procédé, voir fig. a 5 et a 6. Nous prenons une bande de fer ou d'autre métal qui s'y prête, de dimensions proportionnées à la grandeur du moulin. Cette bande est garnie d'un bout de fer ou autre métal faisant corps avec elle, et devant servir de pivot à la noix du moulin. On peut aussi remplacer ce bout de fer en allongeant la tige de la noix, de manière à ce que cette tige. en se prolongeant au-dessous du bas de la noix, forme pivot et s'appuie sur la bande. Nous ployons la bande, comme l'indique le dessin du moulin vu en coupe, fig. i; nous fixons ensuite le bout a de cette bande, au moyen d'une vis ou de toute autre manière, contre un des côtés de la boite. Le bout opposé de la bande est travaillé de manière à servir d'écrou à une vis d, passant par la traverse à douille et le dessus de la boite du moulin.

    La figure a 5 représente une coupe en élévation d'un moulin coupé par le milieu de la noix, dans le sens de la longueur de la traverse à douille, coupant ainsi le tiroir dans le sens de sa longueur. La figure a 6 représente une coupe transversale en élévation, n'enlevant que le devant de la boite et du tiroir. La vis d, qui peut avoir telle façon que nous jugerons convenable de lui donner, est retenue par la traverse à douille, de manière à ne pouvoir tourner que sur elle-même, sans descendre ni monter, et le mouvement de rotation imprimé à cette vis, qui se trouve engagée dans l'écrou formant l'extrémité de la bande, fait alors monter ou descendre cette bande qui, par conséquent, imprime les mêmes mouvements à la noix. Le moulin se trouve donc réglé par ce procédé. La bande de fer par sa longueur présente assez d'élasticité pour se prêter au mouvement de hausse ou de baisse, tout en permettant dela faire assez rigide pour pouvoir supporter la pression de la noix, pendant le travail de la mouture. Nous avons placé de préférence la vis au-dessus du côté où s'ouvre le tiroir, mais nous nous réservons de la placer sur tel autre côté de la boîte que nous jugerons convenable. Quel que soit le côté où elle est placée, la vis fixée ainsi au-dessus du moulin est en évidence, se manie avec la plus grande facilité, ne gêne en rien le mouvement de mouture, et n'est pas dérangée par cette opération.

    La seconde partie de notre demande de certificat d'addition, que nous faisons aujourd'hui, a pour objet une nouvelle manière d'attacher la mécanique dans l'intérieur de la boite. A cet effet, nous avons imaginé de disposer la partie supérieure et évasée de l'anneau du moulin de manière à être enveloppée par le bord inférieur de l'entonnoir et à faire corps avec lui, après y avoir été rivé. Cet entonnoir, qui est un tronc de cône vide ren* versé, en fer-blanc, tôle ou en tout autre métal, est ensuite cloué par son bord supérieur sur la boîte, et comme, par suite de sa forme, il acquiert une grande solidité, il ne permet pas à la mécanique de dévier ou de se déranger. En outre, comme cette mécanique n'est pas en communication directe avec la boîte, elle ne peut être dérangée par les influences que l'air exerce sur le ,bois de la boîte. Cette manière de fixer la mécanique est très-simple et permet, avec le mode du réglage ci-dessus, de fabriquer le moulin à meilleur marché que jusqu'à présent, tout en le rendant plus commode à l'usage. Nous demandons donc à obtenir le certificat d'addition: i" Pour la manière de régler le degré de mouture du moulin à café, au moyen d'une vis à tête taisant mouvoir une traverse au-dessous de la mécanique; a° Pour la manière d'attacher la mécanique à l'entonnoir en métal, au moyen de rivets.