Moulins à café ou à poivre : la saga 1817 1962
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les plaques Coulaux

Sont présentées ici les plaques que nous connaissons, utilisées pendant la période de production Coulaux.

Préambule

Une première ébauche de typologie des plaques Coulaux est parue il y a quelques mois dans le bulletin n° 126 (juillet/août/septembre 2012) de notre Association.

Ce document résulte de l'étude conduite par Jean Philippe Aumoine à partir :

Historique résumé de la marque

La première activité industrielle des deux frères Jacques et Julien Coulaux fut celle de fabricants d’armes. Entre 1801 et 1836, ils dirigèrent la Manufacture d’armes blanches du Klingenthal, Manufacture nationale à la Révolution, puis Impériale, enfin Royale à la chute du premier empire.

A la même période, en 1803, ils rachetèrent le château des Rohan à Mutzig et y installèrent une Manufacture d’armes à feu.

La direction de ces deux Manufactures sera menée sous la raison sociale de « Coulaux Frères » et le siège social était au château de Mutzig.

L’association des deux frères était régie par un protocole sous seing privé du 21 avril 1801.

En résumé, Julien était entrepreneur en mandat de son frère et pour le compte de celui-ci. L’existence de « Coulaux Frères » est attestée jusqu’à la mort de Jacques Coulaux en septembre 1834.

Deux évènements furent alors déterminants :

La chute de l’empire à partir de 1815 va bouleverser les projets industriels de Jacques Coulaux.

Depuis 1805 existaient à Molsheim des installations annexes aux deux manufactures d’armes. A partir de 1817, Jacques Coulaux décida de reconvertir le site de Molsheim en fabrique de grosse quincaillerie et d’outils, activités purement civiles et commerciales.

A cette fin, on créa par acte du 27 décembre 1822 et pour trente ans, une nouvelle société en commandite par actions « Coulaux Ainé et Compagnie » au capital initial de 500 000 F. Jacques Coulaux, son fondateur, mais aussi Jacques Baur, gendre de Julien, en assurent la direction. Le siège social est à Molsheim.

Il est désormais très clair que l’intégralité des moulins à café Coulaux a été fabriquée à Molsheim. Afin de se faire connaître comme fabricants d’outils et de quincaillerie, Les Coulaux multipliaient les participations aux Expositions (1819, 1823, 1829, 1834, 1839) où ils remportèrent de nombreuses médailles d’or, attestant de la qualité de la production et de l’image positive de la marque. Par ailleurs, à partir de septembre 1829, ils déposèrent de nombreux brevets d’invention et de perfectionnement, principalement d’ailleurs dans le domaine de la mécanique des moulins à café (réglage de la finesse de la mouture). Trente ans après la création de Coulaux Ainé et Cie se pose la question de la reconduction de la société, du fait le la disparition des fondateurs et de l’éclatement du groupe industriel familial.

C’est ainsi que fut constituée, par acte du 31 décembre 1852 avec les mêmes actionnaires et une forte augmentation de capital porté à 1 500 000 F, une nouvelle société « Coulaux et Compagnie » qui regroupe toutes les usines Coulaux de Molsheim, du Klingenthal et de Gresswiller.

Le siège social est toujours à Molsheim, l’activité se poursuit sensiblement sur les mêmes créneaux, et c’est Charles Louis Coulaux, le plus jeune des enfants de Julien, et toujours Jacques Baur qui en prennent la direction.

En 1869, ce dernier cesse son activité. En 1887, à la mort de son père, un autre Julien Coulaux (c’est le 4è) reprend les rênes de la société Coulaux et Cie. Il disparaît à son tour en 1925, veuf et sans héritier.

A cette date, la société familiale va devenir une société anonyme « Coulaux et Compagnie Société Anonyme ». On ne sait pas grand chose (pour l’instant) sur cette société.

On peut néanmoins raisonnablement envisager que :

La fin définitive des activités Coulaux se situe entre 1962 et 1967.

Les marques successives de Coulaux

Les appellations successives de Coulaux comme fabricant de moulins à café, ont donc été les suivantes :

Les hypothèses qui suivent restent à confirmer :

Les marques d’identification des moulins à café de la marque Coulaux

Période Coulaux Ainé et Compagnie : 1829/1852

01 rectangle assez allongé en laiton - 1829/1852 - où est inscrit sur trois lignes « Moulin perfectionné et garanti/de/Coulaux A et C».

Cette plaque se retrouve d’abord sur des moulins de comptoir de grande taille (caisse de 25 cm de côté), la caisse en bois étant assemblée en queue d’aronde, ces gros moulins devant être assez anciens.

Cette plaque 01 ne porte pas explicitement la mention d’un brevet.

Elle qualifie le moulin de « perfectionné » et « garanti », mais pas « breveté »…..Est-ce à dire qu’elle serait peut-être apparue avant 1829 ?

Cette plaque peut être associée à un système spécifique de réglage de la mouture avec renvoi en façade du moulin sur une molette. Cette molette agit sur un sabot incliné situé sous la noix, qui en montant ou descendant assure la mobilité verticale de la noix, et donc la finesse de la mouture.

Ces moulins étaient équipés d’une calotte plate pivotante en laiton. Cette plaque sera reprise plus tard chez Coulaux et Cie par une autre plaque très spécifique de ce type de réglage.

02 Plaque en laiton de forme ovale et pointue. - 1829/1852 - Pierre Gourguechon disait qu’il l’aurait rencontrée aussi en étain ? Mentions : « Brevet de perfectionnement » en haut, un cercle vide au centre et « Coulaux Ainés et Cie Molsheim » en bas. Cette plaque se rencontre principalement sur des moulins à trémie extérieure ouverte en laiton. On trouve aussi des moulins à trémies intérieures, qui seraient tous de types particuliers, et semblent avoir eu une carrière éphémère….Peut-être des prototypes ?.

02.1 Plaque en métal ferreux nickelé de forme ovale et pointue. Mentions : « Brevet de perfectionnement » en haut, un cercle vide au centre et « Coulaux Ainés et Cie Molsheim » en bas

03 reprise de la plaque 02 - 1829/1852 - avec un complément autour du cercle vide central « $ garantie du gouvernement » Cette plaque se rencontre principalement sur des moulins à trémie extérieure ouverte en laiton.

03.1 variante de la précédente - 1829/1852 - avec un complément autour du cercle vide central « sans garantie du gouvernement ».

Période Coulaux et Compagnie (à partir de 1853)

04 une plaque en laiton de forme ovale pointue, portant les mentions : « Moulin breveté » en haut, « Ancien » en cursives au centre et « Coulaux et Cie Molsheim » en bas. Il semblerait que ledit brevet reprenne en fait un modèle déjà utilisé auparavant par Coulaux Ainé et Cie, et qui serait baptisé « ancien » pour cette raison.

05 une plaque de forme identique ovale pointue portant les mentions : « Moulin breveté » en haut, « Nouveau » en cursives au centre et « Coulaux et Cie Molsheim » en bas.. Cette plaque est la plus souvent rencontrée de toutes celles des moulins brevetés. Elle se rencontre bien sur des moulins à trémie extérieure ouverte en laiton, mais aussi sur des moulins à trémie intérieure laiton ou bois, avec calotte plate pivotante en laiton. Tous ces moulins possèdent un système original de réglage de la mouture avec un cliquet de blocage commandant un écrou cranté solidaire du chapeau laiton. C’est sans doute ce système qui représente le brevet « nouveau » du moulin.

06 plaque en laiton et en forme de couronne à 3 boules, complémentaire d’un système de renvoi en façade du moulin sur une molette. Cette molette agit sur un sabot incliné situé sous la noix, qui en montant ou descendant assure la mobilité verticale de la noix, et donc la finesse de la mouture. Ce système renvoie donc à la plaque n° 1 de Coulaux Ainé et Compagnie. Cette plaque est donc très spécifique d’un système de réglage très particulier. On trouve là encore des moulins à trémie extérieure ouverte en laiton, mais aussi des moulins à trémies intérieures uniquement en laiton, avec calotte plate pivotante en laiton ou en fer, ou encore en fonte moulée. Autre spécificité liée à cette plaque : le chapeau est le plus souvent une boule simple (sphère non couronnée) avec trou, en fer ou en laiton. Par ailleurs, et contrairement à tous les autres modèles Coulaux de cette époque, les manivelles sont vissées sur l’axe de la noix.

07 la plaque « façon allemande » qui se présente un peu différemment des trois précédentes : toutes les inscriptions sont en cursives, « Coulaux et Cie » en lettres penchées au centre de la plaque, « Moulin Façon Allemande » en haut et « à Molsheim (Alsace) » en bas en lettres droites de facture plus germanique. Pour l’instant, on n’a rencontré, portant cette plaque, que des moulins à trémie extérieure ouverte, le réglage de mouture étant situé sous la noix à l’intérieur du moulin, semblable ainsi à celui des premiers moulins Coulaux sans plaque.

08 une calotte plate épaisse et pivotante portant les inscriptions : « Moulin breveté Coulaux et Cie Molsheim » en couronne sur le tour de la calotte, c’est à dire le même texte que celui de la plaque n° 6. On est donc en droit de considérer que cette calotte joue exactement le même rôle descriptif et d’identification qu’une plaque située en façade avant du moulin. en fonte de fer.

09 idem 08 mais en laiton, beaucoup plus rare.

10 en laiton, de forme ovale. (1869? / 1925?) Les inscriptions sont : « Coulaux et Cie » en haut, « Molsheim » au centre, et « Alsace Lorraine» en bas. Il n’y a donc plus de référence à un quelconque brevet. Cette plaque semble avoir revêtu :

  • - les moulins à trémie extérieure ouverte en laiton, modèle breveté et façon allemande,
  • - les moulins à trémie interne d’abord en cuivre puis en bois, et calotte plate pivotante, d’abord en fonte, puis en laiton,
  • - les premiers modèles à calotte bombée en laiton, puis nickelée, puis en fer,
  • - les moulins cylindriques en bois tourné

La Société Anonyme Coulaux – (1925 à la fin)

11 Plaque ovale en laiton, mais de forme large, presque circulaire, de dimensions plus grandes : 47 x 32mm.

Coq regardant vers la droite et perché sur une patte, que l’on retrouve souvent par la suite.

Le coq est placé au centre de l’ovale, avec pour inscriptions

« Coulaux et Cie » en haut, « Molsheim » au centre, la mention Alsace Lorraine est remplacée par les initiales (A.L.) 1919

à partir de cette plaque comprise, les manivelles sont définitivement vissées et sous forme d'arc

12 plaque en zinc nickelé, avec la couronne de perles, Coulaux et Cie en haut, Molsheim (AL) en bas et le coq en relief au centre. Cette plaque a exactement la même légende que la plaque n° 11. Les quatre vis de fixation sont en position azimutales. 1926

13 plaque en zinc nickelé qui lui ressemble beaucoup, mais avec Molsheim (Alsace) en bas, et le coq en silhouette au centre. Les quatre vis sont positionnées sur les diagonales.

14 plaque en zinc nickelé, analogue aux deux précédentes, mais avec Molsheim (Elsass) en bas. avec vis latérale1928

15 plaque en zinc nickelé, toujours semblable, mais avec Molsheim - Bas-Rhin et France sur 2 lignes en bas. 1929/30

16 forme hexagonale et allongée. La légende devient: Coulaux et Cie Molsheim. 1931-35 ?

16a contemporaine à la plaque 16, pour le marché allemand, à confirmer

17 Coulaux pas d'oiseau Coulaux décalque 1932, sur moulins laqués de 1932.

18 triangulaire, polychromes, avec la silhouette du coq en rouge . Le coq regarde vers la droite. légende C&C - sans doute encore « Coulaux et Compagnie » 1939-50

19 triangulaire, polychromes, avec la silhouette du coq en rouge . Le coq regarde vers la droite. légende Coulaux seul – la patte du coq devenant le L de Coulaux. 1951-53

20 coq regardant vers la gauche , C C, plaque vue sur des moulins muraux et de table ordinaire, son attribution à coulaux reste confirmer